Photographies, découvertes, paysages, nature, texte, poésie
21 Février 2018
C'est tellement difficile de dire, d'écrire ses sentiments. Et puis j'aurais tellement de choses à dire. C'est comme les photos, à trier à choisir, comment faire ?
Je vous l'ai déjà présentée, j'aimerais encore vous la raconter, vous la montrer alors je vous livre en vrac ce qui me permet aujourd'hui de lui dire "je t'aime",
Ses révoltes, ses combats, ses désirs, ses plaisirs, ses angoisses aussi.
De la petite fille de Brest que je n'ai pas connue, à cette vieille dame, en passant par cette petite femme déterminée.
Elle aurait eu 89 ans en juin.
Son fils, mon frère est mort il y a presque 2 ans, je ne suis pas sûre que les mères résistent longtemps à la mort d'un de leurs enfants.
Elle a refusé d'être assujettie à des normes et des conventions sociales.
Sans avoir le certificat d'études, elle a écrit des poèmes, composé des chansons et fait paraître des nouvelles.
Elle a couru sous les bombes, elle a traversé la France, elle a choisit une vie libre.
Elle a été cachée au yeux du monde pendant 2 ans.
Elle a été tour à tour bonne à tout faire, couturière, lingère, dame de service.
Elle a fait des enfants avec un homme marié, elle s'est séparée sans jamais dire du mal de lui.
Elle a milité au Parti Communiste et elle a choisi d'en partir.
Elle a accepté que nous ayons une "seconde mère".
Elle nous a permis à nous ses enfants d'être ce que nous voulions être, sans jugement, mais en restant critique et toujours en nous aimant.
Elle avait toujours à la boutonnière un ruban rouge pour affirmer sa solidarité.
Elle avait dans sa chambre de la maison de retraite où elle vivait un petit "rainbow flag" pour nous ses filles et pour les autres aussi.
Elle a été fière de nous accompagner au tribunal, puis à la mairie.
Elle s'est battue pour des combats multiples et différents : contre la guerre d'Algérie, pour le droits des femmes, pour le droit à mourir dans la dignité...
Elle avait peur du fascisme mais ne baissait jamais la garde, ni les bras.
Elle aimait, l'océan, les iles, la poésie de René Char, la musique bretonne et les huitres.
Enfin, elle a voulu mourir dans la dignité, sans souffrir et nous avons réussi à l'accompagner dans ce dernier voyage.